Nuit blanche avec Katharine Hepburn

Nuit blanche avec Katharine Hepburn

par Jean-Bernard Pouy

Les épaules de Katharine étaient suffisamment larges pour soutenir toutes les contradictions de son caractère de rebelle sophistiquée : apparence typique WASP, crinière virant au désordre léonin, diction tirant vers le rauque, distinction toujours au bord de l’hystérie. Sans parler de cette élégance qui fait que seules les stars savent porter le pyjama. De soie, bien sûr. On peut disserter sur ce visage taillé à la serpe, aux pommettes hautes, à la bouche, fine comme une cicatrice, prête à balancer ces vacheries inattendues qui transforment l’émotion en drôlerie (ou le contraire)… mais ses épaules restent un mystère si l’on considère que le cinéma est, avant tout, un art de cadrage. Honneur donc à tous ces artistes qui ont réussi à faire entrer la grande Katharine dans l’espace étroit de l’écran de nos rêves : George Cukor, Howard Hawks et, the last but not the liste, Joseph Mankiewicz.