Les 40 ans des Archives Françaises du Film

Les 40 ans des Archives Françaises du Film

Eric Le Roy

Les Archives françaises du film du CNC conservent, restaurent et valorisent le patrimoine cinématographique confié à l’État, soit 100 000 titres de films, tous genres confondus, produits entre 1895 et 2009. Avec la conservation et la restauration du patrimoine cinématographique, l’enrichissement des collections est une de ses missions fondamentales depuis sa création en 1969, sur le site de Bois d’Arcy. L’accroissement annuel est d'environ 2 000 titres, longs et courts métrages, constitué de films récents déposés dans le cadre du dépôt légal, des dépôts volontaires et des dons ou acquisitions.

Si les Archives françaises du film conservent la majorité de la production cinématographique sur support nitrate d’avant 1954, elles mènent aussi une politique volontariste pour soutenir les auteurs-producteurs indépendants, notamment ceux des années 1970. C’est ainsi que les productions de Louis Malle, Jean-Marie Straub et Danièle Huillet, Jean-Pierre Mocky, Yannick Bellon, Gérard Blain, José Bénazéraf, Agnès Varda, ou Jacques Doillon sont, en totalité ou presque, déposées et conservées dans les meilleures conditions.

Les collections de films restaurés, elles, correspondent à plus de 12 000 films, dont un quart de longs métrages, une majorité de courts métrages, et quelques publicités, essais d'acteurs, bandes annonces, dessins animés, films militants, de propagande, institutionnels, industriels mais également des œuvres majeures de la cinéphilie.

Depuis de nombreuses années, les Archives françaises du film collaborent étroitement aux programmations du Festival de La Rochelle et ce pour les différentes sections. Cette année, de nouveau, la programmation du festival permet de mettre en valeur ses collections avec Joseph Losey et Jacques Doillon, le programme des frères Prévert mais aussi dans le cadre d’une carte blanche pour laquelle nous avons choisi des films modernes, tournés sur support acétate qui menaçaient de disparaître ou de se dégrader. Les cinq longs métrages choisis, tournés entre 1969 à 1976, sont des reflets de la production cinématographique indépendante, d’un cinéma d’auteur exigeant, qui ont su conquérir le grand public ou des cercles de cinéphiles passionnés. Ces films de l’après 1968 confirment aussi le juste équilibre entre les exigences du marché et les désirs artistiques et formels des cinéastes. Aux côtés des valeurs sûres, le cinéma de ces indépendants, sans s’inscrire dans la marginalité et le militantisme, a su s’imposer durablement dans la cinématographie française.