Pierre-Yves Borgeaud

Pierre-Yves Borgeaud

Depuis 3 ans, en partenariat avec le Centre Intermondes, le Festival accueille chaque année un vidéaste en résidence. Pendant son séjour rochelais, il vit le Festival à son propre tempo, multiplie les rencontres, écrit et tourne. Aucune contrainte thématique, aucune figure imposée. Le film est montré l'année suivante au Festival. Après Laëtitia Bourget en 2007, Pierre-Yves Borgeaud en 2008, Valérie Mréjen sera avec nous cette année.

Au départ, Prune Engler et Arnaud Dumatin me confient une double mission : réaliser un film lié au Festival durant une résidence d’artiste à La Rochelle et animer un atelier vidéo à l’Astrolabe, le centre culturel du quartier de Mireuil. Durant l’édition 2008 du Festival, installé au cœur de la vieille ville, je me mets à chercher des images, caméra en bandoulière. J’ai quelques pistes, mais entre les cartes postales du port, les vitrines et les terrasses, je ne vois rien. Le blanc. L’inspiration, ou simplement le désir de filmer, va venir alors que je découvre le quartier de Mireuil, et surtout ses habitants. Dans cette zone d’urbanisation en marge du centre-ville où résident près de 20 000 personnes aux origines diverses, il n’y a qu’une brasserie, un Super U à la place des boutiques, pas de touristes. Il n’y a pas non plus de salles de cinéma ni même de vidéo-club. Mais il y a de la vie. Des regards, des rires, des coups de gueule, des petites et grandes histoires, des destins qu’on imagine, des présences fortes. C’est là qu’il faut filmer.

Pierre-Yves Borgeaud est né en Suisse en 1963. Cinéaste et vidéaste, il fonde Momentum Production pour développer et produire ses propres projets. En 2003, son premier long-métrage de fiction iXième : journal d’un prisonnier obtient le Léopard d'Or Vidéo au Festival du film de Locarno. Et en 2007, avec son documentaire Retour à Gorée, il repart avec le chanteur sénégalais Youssou N’Dour, sur les chemins du jazz et de l’esclavage.