BRAQUAGE

BRAQUAGE

 

« Il faut débarrasser la peinture de sa dernière contrainte : l’immobilité. » Cette proposition, sans appel, du peintre Léopold Survage, au sujet de ses essais de « rythmes colorés » (projet de film peint, non abouti, initié en 1913) annonce le bouleversement que le cinéma va engendrer dans les pratiques picturales. Héritière des lanternes magiques et de ces spectacles de vues peintes sur des supports transparents, la projection cinématographique va elle aussi utiliser la couleur peinte sur support dès les tout débuts du cinématographe : danseuses serpentines, fresques historiques, films à trucs seront coloriés image par image sur les motifs filmés visibles sur la pellicule.

Mais Léopold Survage, et les artistes d’avant-garde (Hans Richter, Fernand Léger, Norman McLaren, et bien d’autres depuis…), envisagent d’autres voies pour la peinture sur pellicule : une possibilité de création de purs mouvements colorés. La transparence permettant de faire apparaître sur l’écran des formes peintes sur la pellicule, cinéastes et plasticiens ont creusé cette piste, en mêlant aussi bien peinture sur film, effet de négatifs colorés, grattage des émulsions et autres créations formelles à même le support du cinéma.

Cette programmation met en avant différentes approches du travail sur le support argentique (grattage, peinture, variation des émulsions…) pour révéler les puissances formelles de la pratique de l’intervention sur pellicule, et aussi en pointer le caractère ludique.

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