Musique et Cinéma : Orval Carlos Sibelius

CREATION CINE-CONCERT D’ORVAL CARLOS SIBELIUS

Sous le pseudonyme énigmatique d’Orval Carlos Sibelius se cache Axel Monneau, multi-instrumentiste aimant enregistrer ses disques en totale autarcie. Influencé par le rock psychédélique des années 1970 (Pink Floyd, Popol Vuh), la pop aventureuse (Brian Eno, Robert Wyatt), les musiques du monde ou encore les pionniers de la musique électronique (Cluster, Terry Riley), il a sorti trois albums sur le label Clapping Music. Son petit dernier, l’acclamé « Super Forma » sorti en 2013, est « une des plus grandioses et excitantes œuvres pop de l’année » (Les Inrocks). À l’occasion de ce ciné-concert, il est accompagné par la claviériste Karine Larivet. Axel Monneau est également projectionniste dans une salle de cinéma parisienne.

Diabolus in musica

« À ma connaissance, il existe peu de réalisateurs aussi aventureux (ou inconscients) pour oser s’approcher si près de l’abîme. Je pense au Werner Herzog quasi suicidaire de La Soufrière, s’en allant filmer le volcan guadeloupéen au bord de l’explosion, envisageant sereinement la possibilité de mourir non sans avoir au préalable enterré les bobines qu’il venait de tourner. Pas de romantisme chez Tazieff le scientifique, le but est d’abord de documenter les bouleversements géologiques de la planète, d’aller là où personne n’est jamais allé, de défricher cette terra incognita ignorée des autres chercheurs.

Ce que vous n’entendrez pas lors de ce ciné-concert, ce sont les commentaires explicatifs précisant les lieux, les faits, les observations. Sans sa bande-son, le périple de Tazieff touche à l’abstraction. Quel but poursuit cet homme ? Pourquoi s’obstine-t-il à grimper sur ces inquiétantes montagnes de feu ? Est-il en train d’explorer une autre planète ? Ou bien cherche-t-il la porte d’entrée vers les Enfers ? Ces terres désolées, ces masses gazeuses lovecraftiennes, ces éruptions rougeoyantes et majestueuses pourraient constituer le décor idéal d’un film de science-fiction mystique. Ma musique empruntera ce chemin : un voyage tour à tour tendu, contemplatif, déchaîné ou mélancolique. Et de la même manière que Tazieff préférait sa caméra Bell&Howell 16mm aux caméras professionnelles 35mm prêtées par son producteur, j’ai choisi d’utiliser de vieux instruments analogiques, synthétiseurs et écho à bandes magnétiques qui colorent la matière sonore d’une aura mystérieuse, indéfinie, afin de plonger le spectateur dans un trip visuel et sonore total. » Axel Monneau (Orval Carlos Sibelius)

Avec le soutien de la Sacem et de l’Adami