Grandeur et décadence de Buster Keaton de John Spotton de Gerald Potterton de Buster Keaton, Charles F. Reisner de Edward Sedgwick de Buster Keaton, Clyde Bruckman de Buster Keaton, James W. Horne de Buster Keaton, Edward Sedgwick de Buster Keaton, Eddie Cline


Malec champion de tir

Résumé

Un homme qui se fait passer pour champion de tir se fait engager à la fois par une bande de malfrats pour tuer quelqu’un et par la victime pour se protéger de ces malfrats.

English version

A professional gunman is hired both by murderers and the target he's suposed to shoot.

Malec champion de tir de Buster Keaton
Eddie Cline

États-Unis • fiction • 1921 • 21mn • vidéo • 
noir et blanc • muet • intertitres français

High sign

Titre original

The High sign

Générique

SCENARIO Buster Keaton
Eddie Cline
IMAGE Elgin Lessley
MUSIQUE Robert Israel
PRODUCTION
Comique Film Corporation
SOURCE Lobster Films
INTERPRETATION
Buster Keaton (notre héros)
Bartine Burkett (Miss Nickelnurser)
Charles Dorety (le méchant)
Al St. John (l'homme sur le champ de tir)

Rétrospective : Buster Keaton

Grandeur et décadence de Buster Keaton

Par Stéphane Goudet 

Vu à la télé: « Quel est le prénom de Keaton, demande l’animateur: Charlie? Harold? Buster? Ou Stan? » « Harold? » hasarde la candidate. « Mais non! », répond l’homme, visiblement accablé. « C’était Buster. Buster Keaton. Vous savez? L’homme suspendu aux aiguilles d’une horloge… »

Si une candidate de jeu télévisé, si un animateur surpayé peuvent aujour­d’hui confondre Harold Lloyd, dans Monte là-dessus, et Buster Keaton, c’est bien qu’il y a un problème. « Pas assez connu! », avait répondu un grand éditeur il y a quelques années à un projet de livre sur l’homme au visage de marbre, alors qu’aucun des ou­vrages le concernant n’était plus disponible. Après des années de démission de la télévision hertzienne en matière de cinéma de répertoire, telle est la cinéphilie fragmentée à l’heure du DVD et du téléchargement: celui qu’on identifie comme la deuxième star de l’âge d’or du burlesque avec Charlie Chaplin, celui dont tous les films muets sont disponibles en vidéo, reste parfaitement inconnu d’une bonne partie du grand public.

Mais le public cinéphile traditionnel, lui, connaît Buster Keaton, objectera-t-on peut-être. Évidemment! Quelques courts majeurs, La Croisière du Navigator, Le Mécano de la General, Le Caméraman… Mais au-delà? Qui a vu Le Dernier Round ou Le Figurant, par exemple? Qui, a fortiori, les a vus en ciné-concerts et dans l’écrin construit pour les magnifier qu’on appelle communément une salle de cinéma? Personne!

Or le partage des rires, démultipliés en salles obscures et l’accueil triomphal promis à la quasi-totalité d’entre eux feront à n’en pas douter de cette grande rétrospective Buster Keaton au Festival de La Rochelle un véritable événement. Que de plaisirs réservent en effet aux spectateurs de tous âges et de toutes cultures l’intégrale de ses longs métrages muets et la sélection subjective de ses meilleurs courts, muets et parlants. Pour les plus jeunes d’entre eux, il se produira sans doute ce qui eut lieu en 1962 à la Cinémathèque française pour la dernière rétrospective Keaton en sa présence, lorsque la grande majorité des films, sinon l’homme, étaient tombés dans l’oubli : le sentiment irréfutable de découvrir un génie.

Pour tout autre cinéaste ou presque, le mot pourrait être écrasant, intimidant. Pas pour Keaton. Car peu d’artistes, à vrai dire, conjuguent avec une telle puissance les quatre vertus cardinales qui distinguent à nos yeux la qualité commune des humains et des œuvres: un humour irrésistible, une sensibilité bouleversante, aux antipodes de la sensiblerie, une intelligence évidente, humble et généreuse, et un sens profond de la beauté, constamment inventive. De sorte que tout film de Keaton ou presque suscite autant de rires que d’admiration et d’estime.

Avouons-le cependant: cet enthou­siasme éveillé par l’œuvre se double d’une fascination certaine pour le destin de l’homme. Où l’on en revient aux tout débuts de l’histoire. « Quel est le véritable prénom de Keaton? » « Buster », répond le lecteur avisé. Raté! Joseph, comme son père. Buster est un surnom, prélevé à l’expression « What a buster! », qui veut dire à la fois « Quelle chute! » et « Quel casse-cou! ». Laquelle expression aurait été employée par le grand magicien Harry Houdini, compagnon de tournée de ses parents, après qu’il eut assisté à la chute sans dommage du petit Joseph dans un escalier, en 1896. L’enfant avait 6 mois. Ce surnom lui est resté. L’art de la chute aussi.

On peut même dire qu’il fit de cet art, dès son plus jeune âge, son métier. Car dès qu’il eut 4 ans, « Buster » monta sur les planches pour accompagner ses parents, comédiens de music-hall. A 5 ans, il était la vedette de leur spectacle, rapidement rebaptisé « Les 3 Keaton ». Habillé en adulte miniature, il imite les faits et gestes de son père, puis fait office d’accessoire, jouant successivement le ballon de football, le sac à patates ou le balai. Sur surnom d’alors? « La serpillière humaine ». Il est alors considéré comme un enfant prodige par la presse et par le public effrayé d’un tel sort… et ravi de le voir sans cesse se relever indemne. Saura-t-on dire tout ce qui intuitivement s’acquiert dans ces premières expériences scéniques? Il n’apprend pas seulement, comme le raconte Keaton dans Slapstick, que les spectateurs prennent davantage de plaisir quand le personnage mis à l’épreuve reste impassible, mais plus généralement, que le rire naît des mouvements du corps, de ses chutes, de ses contorsions improbables et de ses rétablissements inespérés. Que ce rire est avant tout affaire de rythme et de correspondances, de contretemps et d’échos, d’attentes, de surprises et de délivrances. Et que le comique implique une suspension de la morale, un oubli temporaire, ô combien libérateur, des conventions et des convenances, voire de certains droits, donnée qui échappa à la Gerry Society, société de protection de l’enfance, qui obtint en 1907, après 5 ans de poursuites diverses, le bannissement 
des trois Keaton des scènes 
de l’État de New York pendant deux ans!

« Aucun acteur enfant n’a essuyé plus de tentatives de rédemption que le malheureux petit Buster », écrit Keaton dans son autobiographie, non sans fustiger les « fanatiques de la douceur », indifférents à la principale maltraitance que constitue, selon lui, la pauvreté.

Puis Buster Keaton grandit. Oh, pas beaucoup! Jusqu’à attein­dre 1 mètre 60 à l’âge adulte. Mais il vieillit aussi. Il faut donc progressivement adapter le numéro familial. Ce qu’il est prodigieux de réaliser à 5 ans ne provoque plus le même effet à 12, et encore moins à 16. Il faut repousser les limites du corps pour provoquer toujours l’émer­veillement et la sidé­ration recherchées. Merveilleuse école buissonnière du music-hall, la seule qu’ait fréquentée Buster, l’autodidacte. Joseph senior dit Joe lui aussi vieillit. Et il boit aussi. Les fausses brutalités des numéros comiques, de moins en moins précis, laissent parfois place à de vrais coups délivrés en coulisses. En 1917, Buster décide de se séparer de ses parents et part faire du théâtre, seul, à New York. Mais après une rencontre de fortune, il se retrouve très vite sur un plateau de cinéma, aux côtés d’une des figures montantes du genre burlesque, Roscoe Arbuckle, dit Fatty (« Le gros »), avec qui il tourne comme acteur et progressivement comme coréalisateur, 15 films entre 1917 (à partir de Fatty boucher) et 1919.

On a souvent opposé les styles d’Arbuckle et de Keaton, comme s’opposeraient foison et sobriété, anarchie et maîtrise, catharsis et géométrie. Partiellement juste, cette analyse est cependant trop schématique. Elle revient à faire l’impasse sur les films de l’un et de l’autre qui brouilleraient les repères. Ainsi Fatty bistro, réalisé en 1918 par Arbuckle, semble à certains excessivement keatonien… Quant aux derniers films de la collaboration, notamment les passionnants Fatty cabotin et Le Garage infernal, de 1919, la plupart des commentateurs les attribuent à mots couverts à Keaton seul, sans prendre réellement au sérieux l’hommage réitéré du futur réalisateur de Sherlock Junior à son maître, auquel il resta fidèle, quelles que soient les épreuves traversées. C’est bien l’une des spécificités du parcours de Keaton, commencé sur les planches comme pour tous les burlesques, que d’avoir ainsi été adopté par un mentor, dont il dit clairement et sans doute à raison, avoir tout appris.

Mais les épreuves d’Arbuckle ne tardent pas à arriver. En 1921, alors qu’il vient depuis un an d’entreprendre ses premiers longs métrages sans Keaton, « l’obèse au visage de poupon » est accusé du viol et du meurtre de Virginia Rappe, scandale qui constitue l’origine du fameux code Hays, réglementant la bonne morale des films amé­ricains. Même s’il est par la suite reconnu innocent, la carrière de « Fatty » est brisée. Celle de Keaton, en revanche, ne fait que commencer. Le départ d’Arbuckle, un an avant l’affaire, conduit son producteur, Joseph Schenck, à le promouvoir réa­lisateur. Entre 1920 et 1923, Keaton réalise pas moins de 19 courts métrages, dont nombre de chefs-d’œuvre, à commencer par son premier film, La Maison démontable.

Peut-on à grands traits définir ce qui s’affirme lorsque Buster Keaton signe ses propres films? De fait s’estompe l’influence certaine du cinéma primitif (et singulièrement du cinéma français) sur l’œuvre d’Arbuckle, qui travailla aux côtés de Chaplin pour Mack Sennett à la Keystone: tentation du plan-tableau, composition centrifuge, éclatement narratif, libération incontrôlée des instincts. Le récit, chez Keaton, tend à s’unifier, tandis que s’affirme son désir de s’affranchir du studio et de confronter son héros aux espaces naturels. Symboliquement, sa filmographie personnelle s’ouvre sur un film qui met en scène la destruction d’une maison en kit proprement inhabitable par un train qui condamne le couple propriétaire à reprendre sa route. Fin chaplinienne, ont commenté certains. Mise en scène prophétique aussi de l’impossible constitution du foyer conjugal, à l’heure où Keaton s’apprête à épouser (en 1921) Natalie Talmadge… dont il divorcera en 1932.

Dans le dernier film de Fatty, Buster court sur place à contresens du plateau circulaire mobile du garage. Dans le premier Keaton, un domicile (supposé fixe) tourne sur lui-même, pris dans une tornade infernale. Se dévoile dans la jonction de ces images une dialectique singulière qui structurera nombre d’œuvres keatoniennes entre mou­vement et immobilité. Même dans les courts métrages comme L’épouvantail, où Keaton semble céder à la logique de bipolarisation qui affecte fréquemment les courts en deux bobines, c’est la structure même du film qui porte cette tension. Le huis clos initial (cocon idéal d’une famille sans femme, d’un foyer où bricolage et fonctions combinées des objets économisent temps et effort aux occupants attablés) laisse place à une folle poursuite, ayant pour finalité le mariage entre l’homme et la femme, mais aussi, avec un boulon en guise d’alliance, les noces de l’humain et de la mécanique, noces que célèbrera de nouveau, à sa façon, Le Mécano de la General.

Mais le cinéma de Keaton, notamment dans les sublimes Frigo Fregoli (1921) et Sherlock Junior, marie également mieux qu’aucun autre le réel et l’imaginaire. à la façon d’un Magritte ou d’un Chirico, il les entrelace au point de les rendre parfois quasi indiscernables, ce qui n’est pas sans expliquer la passion que suscita son œuvre chez les surréalistes, peintres, écrivains et réalisateurs.

La course poursuite de L’épouvantail en préfigure bien d’autres (Malec l’insaisissable, Frigo déménageur). La figure dominante de son cinéma, courts et longs métrages confondus, est celle de la ligne droite que parcourt le héros pour atteindre son but ou pour fuir le désastre (Sherlock Junior, Les Fiancées en folie). Il lui faut s’imposer face à l’adversité constituée à la fois par les forces de la nature (le torrent des Lois de l’hospitalité, la tornade de Cadet d’eau douce) et par les masses uniformes et anonymes d’hommes, de femmes ou d’animaux (Cops, Seven Chances, Go West). Le schéma keatonien fondamental tend en effet à mettre le héros à l’épreuve du réel, en le confrontant, en plan d’ensemble le plus souvent, à l’univers qui, par définition, l’excède et lui échappe. Pour accomplir sa mission, le héros doit traverser peu ou prou trois phases successives, passant, comme le fait remarquer Jean-Pierre Coursodon dans sa monographie, de l’incompétence crasse à l’apprentissage, puis à la suradaptation miraculeuse. Mais cet élan vital, bien souvent, est mis en crise par les forces d’inertie qui le travaillent. « Il est homme d’action et son contraire: un apôtre sceptique du seul doute à l’égard de tout, l’action comprise », écrit Petr Kral dans Les Burlesques ou Parade des somnambules.

Ces contradictions, le passage même de Keaton au long métrage les incarne, lui qui commence en 1923, par un long… démontable, Les Trois Âges, film fondé sur le montage parallèle entre trois histoires de jalousie à trois époques différentes, que Joseph Schenck et lui envisagent de diviser en trois courts en cas d’échec. Mais le succès est au rendez-vous et Keaton poursuit sa course et sa carrière en réalisant ou co-réalisant (parfois officieusement) onze longs métrages muets jusqu’au Figurant en 1929. Le passage du court au long est pour lui l’occasion d’enrichir le travail sur la narration et de poursuivre le dialogue entre les genres. Le burlesque traditionnel se frotte au mélodrame familial (Les Lois de l’hospitalité, Cadet d’eau douce), au film policier (Sherlock Junior), au fantastique (La Croisière du Navigator), au film sur le sport (Le Dernier Round, Campus), au film historique (Le Mécano de la General) et au film mettant en abyme le septième art (Sherlock Junior, Le Caméraman).

Après avoir mis en scène le cinéma se retournant sur lui-même, Keaton fait l’amère expérience du cinéma qui se retourne… contre lui. Car si Le Figurant comporte quelques scènes d’anthologie (le coucher de la femme), c’est bien après le mythique Caméraman que commence la déchéance du Maître. Deux facteurs distincts y contribuent: les difficultés qu’il rencontre dans sa vie privée (problèmes conjugaux et alcoolisme, comme son père) et celles, de deux ordres, qu’il doit affronter dans le champ professionnel. Son premier problème, d’ordre technique et historique, est lié à l’arrivée du cinéma parlant en 1927, qui bouleverse le règne du cinéma burlesque. A quoi bon continuer à faire rire avec le corps seul, quand le langage peut désormais prendre son relais? Si Chaplin et Laurel et Hardy trouvent, non sans résister, réponses à cette question, Keaton, lui, n’y parvient jamais. Mais c’est aussi parce qu’il doit faire un choix qu’il regrettera par la suite toute sa vie. Joseph Schenck, son producteur et ami, étant parti dès 1926 diriger la United Artists de Chaplin, Pickford, Grittith et Fairbanks, il conseille à Keaton de travailler désormais pour son frère, Nicholas Schenck, patron de la Metro Goldwyn Mayer. En dépit des mises en garde de Lloyd et Chaplin, Keaton accepte. Mais, à l’image du héros de son tout premier film MGM (Le Caméraman, 1928), qui se croit accueilli en héros dans les rues de New York quand c’est Charles Lindberg que la foule acclame après sa première traversée de l’Atlantique, « l’homme qui ne rit jamais » comprend trop tard qu’il sera désormais noyé dans la foule des vedettes démultipliées du studio et rapidement considéré comme un homme du passé. à 34 ans… L’équipe de ses fidèles collaborateurs est dissoute, son contrôle scénaristique et artistique remis en cause, avant son licenciement en 1933.

La suite de la carrière cinématographique de Buster Keaton, jusqu’à sa mort en 1966, n’offre plus guère d’éclats, hors de ses apparitions nostalgiques dans Boulevard du crépuscule de Wilder (1950) et Les Feux de la rampe de Chaplin (1954). Seuls deux courts métrages de 1965 émergent (L’Homme du rail de Potterton et surtout Film de Beckett et Schneider… écrit pour Chaplin), qui confirment la puissance d’émotion que recèle encore le corps vieillissant du génie. Mais l’Oscar reçu pour l’ensemble de son œuvre en 1959, sa carrière parallèle au cirque et à la télévision (avec d’irrésistibles caméras cachées) et sa redécouverte triomphale en Europe au début des années 1960 lui éviteront la fin mélodramatique à laquelle il semblait promis.

 

Stéphane Goudet est l’auteur, entre autres, de Buster Keaton, éd. Cahiers du Cinéma, 2008.


Avec Buster Keaton

Résumé

Pendant le tournage de L’Homme du rail de Gerald Potterton, le caméraman John Spotton suit la réalisation et tourne à cette occasion le documentaire Buster Keaton Rides Again. Il nous offre des images uniques et précieuses de Keaton à la fin de sa vie, toujours en train de chercher de nouveaux gags.

« L’intérêt du film, avant tout, est de nous montrer des scènes inédites, abandonnées au montage ou auxquelles Keaton ne croyait pas, tout en nous faisant assister à leur mise au point, aux refus indignés de Keaton et à sa quête du gag parfait. John Spotton y a joint des sélections judicieuses de l’œuvre keatonienne et des photos inédites. » Robert Benayoun, Positif, décembre 1966

English version

Cameraman John Spotton follows the making of The Railrodder, by Gerald Potterton, to create his own documentary, Buster Keaton Rides Again. He provides us with unique and precious IMAGEs of Keaton at the end of his life, forever in search of new gags.

“The film’s value essentially lies in showing us previously unseen images, scenes cut out during editing or which Keaton found unsatisfactory, all the while revealing how they were conceived, Keaton’s indignant refusals and his quest for the perfect gag. John Spotton has included a judicious selection of excerpts from Keaton’s work as well as hitherto unseen photos.”

Avec Buster Keaton de John Spotton

Canada • documentaire • 1965 • 55mn • vidéo • couleur • vostf

Avec Buster Keaton

Titre original

Buster Keaton Rides Again

Interprétation

Buster Keaton (lui-même), Eleanor Keaton (elle-même), Gerald Potterton (lui-même)

Générique

Scénario Donald Brittain
Image John Spotton
Montage John Spotton
Musique Malca Gillson
Son Ron Alexander, George Croll
Production Office National du Film du Canada

Homme du Rail (L’)

Résumé

Un gentleman anglais parcourt le Canada sur une draisine, petit véhicule à moteur sur rails. Il sort du coffre de la machine toutes sortes d’objets plus insolites les uns que les autres.

« Tourner ce film au Canada était spécial pour Keaton, qui n’était pas retourné au pays depuis quarante-huit ans. Bien qu’il ait eu 69 ans pendant le tournage, il insista pour faire les cascades lui-même. Il y travaillait avec Potterton la veille. L’Homme du rail est l’œuvre d’un génie du comique, et pour autant que j’admire le travail de Potterton, ce film est celui de Keaton et le sera toujours. » Albert Ohayon, ONF (Canada), 11 décembre 2009

English version

An English gentleman crosses Canada on a speeder, a small vehicle mounted on rails. He pulls a series of increasingly improbable objects from the vehicle’s storage compartment.

“Shooting the film in Canada was extra special for Keaton as he hadn’t visited the country in 48 years. Keaton turned 69 during the production, but insisted on doing his own stunts. He would often work these out with Potterton the night before. The Railrodder remains the work of a comic genius. As much as I admire Potterton for making it, the film is Keaton’s and will always remain his.”

Homme du Rail (L’) de Gerald Potterton

Canada • fiction • 1965 • 25mn • vidéo • couleur • vostf

The railroader

Titre original

The Railrodder

Interprétation

Buster Keaton

Générique

Scénario Buster Keaton, Gerald Potterton
Image Robert Humble
Musique Eldon Rathburn
Montage Jo Kirkpatrick, Gerald Potterton
Son George Croll, Karl du Plessis, Ted Haley
Production Office National du Film du Canada

Cadet d'eau douce

Résumé

Après dix ans de séparation, Willy retrouve son père Steamboat Bill, capitaine d’un bateau à vapeur. Celui-ci constate avec déception que son fils, trop frêle et raffiné, n’est pas adapté à la carrière de navigateur qu’il lui destine. De plus, Willy tombe amoureux de Mary, la fille du rival de Steamboat Bill…

« Les cascades prennent une tournure olympienne. Tout cela pour préparer le triomphe – prémédité par les dieux – de ce jeune homme qui sauvera de la catastrophe tout son monde: fiancée, père et futur beau-père. Et par le même cyclone sont venues, bien sûr, les tempêtes de rire. Que d’invention, d’ingéniosité! Quelles souffleries vouées au déferlement des gags! » Louis Chauvet, le Figaro, 13 avril 1970

English version

Willy is reunited with his father Steamboat Bill, a riverboat captain, after a ten-year separation. Too weedy and sophisticated to follow in his father’s footsteps and become a sailor, Willy is a disappointment. To top it all off, he falls in love with Mary, the daughter of Steamboat Bill’s rival.

“The stunts take on an Olympian allure, laying the groundwork for the triumph – planned by the gods – of this young man destined to save his world from disaster: his fiancée, father and future father-in-law. And of course the hurricane brings with it squalls of laughter. Such inventiveness, such ingenuity! What a gale devoted to whipping up a storm of gags!”

Cadet d'eau douce de Buster Keaton
Charles F. Reisner

États-Unis • fiction • 1928 • 1h11 • vidéo • noir et blanc • muet • intertitres français

Cadet d'eau douce

Titre original

Steamboat Bill, Jr

Interprétation

Buster Keaton (Willy), Ernest Torrence (Steamboat Bill), Marion Byron (Mary), Tom Lewis (Tom Carter), Tom McGuire (John James King)

Générique

Scénario Carl Harbaugh
Image Dev Jennings, Bert Haines
Montage J. Sherman Kell
Production Buster Keaton Productions
Source MK2

Figurant (Le)

Résumé

Elmer travaille dans une laverie. Il tombe fou amoureux d'une actrice de théâtre appelée Trilby. Il se fait engager comme figurant pour la séduire. Elle l'épouse - car entre temps, il a fait fortune - mais elle est toujours amoureuse de son ancien partenaire de théâtre...

« Avec Le Figurant, Keaton préfère mettre en lumière le jeu subtil qui consiste à brouiller la frontière imprécise entre le théâtre et la réalité. On ne sait ce qu’il convient d’admirer le plus tant l’art déployé ici est riche de virtualités multiples. Puisque le cinéma a aussi besoin de l’illusion, il ne s’en détourne pas mais la sert au contraire supérieurement. » Jean-Claude Guiguet, Image et Son, janvier 1971

English version

Elmer works at a dry cleaner’s. He falls madly in love with a stage actress named Trilby and gets himself hired as an extra in the hope of winning her heart. She marries him – for he has since become rich – but continues to be in love with her former co-star.

“In Spite Marriage, Keaton prefers to reveal the subtle art that consists in blurring the lines between theatre and reality. The film’s artistry is so rich in multiple possibilities that it is hard to know what to admire most. Rather than turn his back on illusion – which is also vital to film – Keaton serves it exceptionally well.”

Figurant (Le) de Edward Sedgwick

États-Unis • fiction • 1929 • 1h20 • vidéo • noir et blanc • muet • intertitres français

Le Figurant

Titre original

Spite Marriage

Interprétation

Buster Keaton (Elmer), Dorothy Sebastian (Trilby), Edward Earle (Lionel), Leila Hyams, William Bechtel, John Byron, Pat Harmon

Générique

Scénario Robert E. Hopkins, Lew Lipton, Ernest Pagano, Richard Schayer
Image Reggie Lanning
Production MGM Production

Mécano de la Général (Le)

Résumé

Au début de la guerre de Sécession, Johnnie Gray, jugé plus utile comme mécanicien auprès de sa locomotive la Général, n'est pas recruté pour combattre les Nordistes. Sa fiancée Annabelle le croit lâche et le rejette. Mais la Général est détournée par des espions. Johnnie part à leur poursuite…

« Buster Keaton a bâti un film-poursuite étonnant, tendre et désopilant, où la beauté réelle d’un décor vrai apporte une note poétique inattendue dans une action douloureuse. Car il traite de la guerre d’un point de vue quasi documentaire, sans vaine parodie. Il se contente d’en montrer le ridicule et l’absurdité sanglante. » Samuel Lachize, l’Humanité, 24 juin 1962

English version

At the beginning of the American Civil War, Johnnie Gray escapes being drafted to fight the Northerners as he is needed as the engineer of his locomotive, the General. Believing him to be a coward, his fiancée Annabelle rejects him. When the General is stolen by spies, Johnnie drops everything to give chase…

“Buster Keaton has constructed an extraordinary, affectionate and hilarious chase film in which the genuine beauty of the locations provides an unexpectedly poetic touch to the harrowing action. Free from shallow parody, the film is almost documentary-like in its portrayal of war. Keaton contents himself with showing its ridiculousness and bloody absurdity.”

Mécano de la Général (Le) de Buster Keaton
Clyde Bruckman

États-Unis • fiction • 1927 • 1h15 • 35mm • noir et blanc • muet • intertitres français

The General

Titre original

The General

Interprétation

Buster Keaton (Johnnie Gray), Marion Mack (Annabelle), Glen Cavender (Capitaine Anderson), Jim Farley (Général Thatcher), Frederick Vroom (le général sudiste), Charles Smith (Mr. Lee), (Frank Barnes) (son fils)

Générique

Scénario Buster Keaton, Clyde Bruckman, Al Boasberg, Charles Smith d’après le roman de William Pittinger
Image Dev Jennings, Bert Haines
Musique Joe Hisaishi
Montage J. Sherman Kell, Buster Keaton
Production Buster Keaton Productions
Source MK2

Sportif par amour

Résumé

Étudiant brillant, Ronald doit se mettre au sport et à la compétition s'il veut conquérir le cœur de celle qu'il aime car elle lui préfère un rival plus musclé…

« Voici Keaton avec son dernier et admirable film, Campus. Aseptie. Désinfection. Libérés de la tradition, nos regards se ragaillardissent dans le monde juvénile et tempéré de Buster, grand spécialiste contre toute infection sentimentale. Le film est beau comme une salle de bain: d’une vitalité d’hispano. » Luis Buñuel, Cahiers d’art, n° 10

English version

Ronald, a gifted student, must take up competitive sport if he is to win the heart of his beloved, for she prefers Ronald’s buffer rival…

“Here is Keaton with his admirable new film, College. Asepsis. Disinfection. Freed from tradition, our eyes are rejuvenated in the youthful and restrained world of Buster, a great specialist against sentimental infection of all kinds. The film was as beautiful as a bathroom, with a Hispano’s vitality.”

Sportif par amour de Buster Keaton
James W. Horne

États-Unis • fiction • 1927 • 1h06 • vidéo • noir et blanc • muet • intertitres français

Sportif par amour

Titre original

College / Campus

Interprétation

Buster Keaton (Ronald), Ann Cornwall (Mary Hayes), Florence Turner (la mère de Ronald), Snitz Edwards (le directeur), Harold Goodwin (le rival), Carl Harbaugh (l’entraîneur), Flora Bramley (l’amie de Mary)

Générique

Scénario Carl Harbaugh, Bryan Foy
Image Bert Haines
Musique Devereaux Jennings
Montage J. Sherman Kell
Production Buster Keaton Productions
Source MK2

Caméraman (Le)

Résumé

Luke Shannon, photographe de rue, rencontre Sally, secrétaire aux actualités cinématographiques MGM. Voulant rivaliser avec un prétendant de Sally, il s’achète une caméra pour se faire engager comme reporter. Sa recherche de sujets le conduit à Chinatown, au moment d’une guerre de gangs acharnée…

« Keaton se confirme moins comme un personnage comique que comme un auteur de films, au sens le plus élevé que nous donnons aujourd’hui à ce terme. Le Caméraman est une bouleversante symphonie de l’homme seul et de la grande ville, un film à réaction. La dernière des grandes “chansons de geste” de l’art muet et le premier authentique chef-d’œuvre du cinéma-vérité. » Claude Beylie, Cinéma, août 1968

English version

Street photographer Luke Shannon meets Sally, a secretary in MGM’s newsreel department. Wanting to compete with one of Sally’s suitors, Luke buys a film camera in order to get himself hired as a reporter. His search for material takes him to Chinatown just as a bitter gang war breaks out.

“Keaton confirms himself less as a comic actor than as a film auteur in the highest sense given to this term today. The Cameraman is a heartrending symphony on the city and solitary man, a turbo-charged film. It is the last great ‘chanson de geste’ of the silent art and the first real masterpiece of cinéma vérité.”

Caméraman (Le) de Buster Keaton
Edward Sedgwick

États-Unis • fiction • 1928 • 1h10 • 35mm • noir et blanc • muet • intertitres français

Le cameraman

Titre original

The Cameraman

Interprétation

Buster Keaton (Luke Shannon), Marceline Day (Sally Richards), Harold Goodwin (Harold Stagg), Harold Gribbon, (Officier Henessey), Sidney Bracey (Edward J. Blake), William Irving (un photographe)

Générique

Scénario Clyde Bruckman, Lew Lipton, Joseph Farnham, Richard Schayer
Image Elgin Lessley, Reggie Lanning
Montage Hugh Wynn, Basil Wrangell
Production MGM Production
Source Les Grands Films Classiques

Frigo déménageur

Résumé

Suite à un quiproquo malheureux, Buster se voit poursuivi par des policiers de plus en plus nombreux…

English version

Buster finds himself chased by an increasingly large 
number of policemen after an unfortunate misunderstanding.

Frigo déménageur de Buster Keaton
Eddie Cline

États-Unis • fiction • 1922 • 18mn • 35mm • 
noir et blanc • muet • intertitres français

cops

Titre original

Cops

Interprétation

Buster Keaton (l’homme), Virginia Fox, (la fille du maire), Joe Roberts (le chef de la police), Eddie Cline (le vagabond)

Générique

Scénario Buster Keaton, Eddie Cline
Image Elgin Lessley
Musique Gaylord Carter
Production Comique Film Corporation
Source Lobster Films